• Lectures personnelles

    "Chaque lecture est un acte de résistance. Une lecture bien menée sauve de tout, y compris de soi-même."

    Daniel DE PENNAC

  • J'ai toujours été fascinée par les sciences du comportement. Comprendre ce qu'il se passe dans la tête des gens, le pourquoi du comment. Pour les personnes déviantes, comprendre (scientifiquement) l'incompréhensible (humainement) n'est-ce pas intéressant ?

    C'est ainsi que dans un tout autre registre par rapport aux livres exposés précédemment, je vous présente : Le fils de l'Ogre, d'Oli Porri Santoro. 

    Michel FOURNIRET est un violeur, pédophile et tueur en série français. Il fut surnommé, suite aux crimes commis, "le Tueur des Ardennes", "le Monstre des Ardennes" ou encore "l'Ogre des Ardennes". Après avoir été arrêté en 2004, il est condamné à la réclusion à criminelle à perpétuité incompressible pour cinq meurtres et deux assassinats de jeunes filles en France et en Belgique (procès unique). Toutefois, des enquêtes se poursuivent pour d'autres affaires. Son épouse, Monique OLIVIER, est accusée de complicité de meurtre et de non-dénonciation de meurtre dont elle avait connaissance. Elle a été jugée en même temps que lui et condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 28 ans. (source Wikipédia)

    Une histoire à vous glacer le sang... On pense aux victimes, à la famille des victimes, ... Et puis un jour, je feuillette un magazine et là je me retrouve devant l'affiche publicitaire d'un livre intitulé Le fils de l'Ogre, révélations inédites du fils des tueurs en série Michel FOURNIRET et Monique OLIVIER. Mince, c'est vrai et la famille du tueur dans tout ça, finalement on n'y pense pas. Le fils d'un couple de tueurs en série... Le savait-il ? Etait-il heureux avec ses parents ? Comment a-t-il vécu ces révélations ? Que fait-il aujourd'hui ? Est-il très équilibré ? Etc. 

    Et me voilà sur Amazon, prête à commander.

    Ce livre est réellement prenant. On y découvre un enfant esquinté devenu un adulte meurtri, qui a grandi dans un premier temps dans l'ignorance puis dans la violence des révélations. Un jeune homme qui a souffert de porter son nom de famille, qui a été très souvent agressé et qui a été rejeté, notamment par sa famille paternelle : un monstre ne peut engendrer qu'un monstre. Recueilli par l'ex-mari de sa mère, son histoire le hante toujours. Le journaliste à ses côtés s'est intéressé à l'affaire FOURNIRET via l'émission culte Faites entrer l'accusé. Un duo naîtra quelques temps plus tard pour essayer finalement d'obtenir des réponses sur les affaires encore non résolues et sur la disparition d'un trésor : le trésor des Postiches. Le gang des Postiches désignait une association de malfaiteurs spécialisés dans le braquage. Leur butin a été dérobé par Michel FOURNIRET lui-même. Une partie du magot a été dépensée mais en reste-t-il encore caché quelque part ?

    Par un concours de circonstance, une lettre écrite par Michel FOURNIRET à son fils va relancer le dialogue entre les deux hommes ; dialogue auquel le journaliste va prendre part en toute discrétion pour essayer de piéger le tueur en série. Les lettres écrites par l'un comme par l'autre sont retranscrites. On comprend finalement peu de choses aux dires de l'Ogre. Très intelligent, nombreux sont ses messages au sens caché et implicite. Ces correspondances aboutiront à une visite en prison. Riche en émotions et en révélations inédites, cette rencontre semble avoir permis au fils de l'Ogre de renaître.

    Bonne lecture ! 


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  • Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas "avalé" un roman ! Alors sans aucune hésitation je vous recommande la lecture d'Une si belle école, de Christian SIGNOL.

    L'histoire débute en 1954. Ornella, jeune institutrice sur les hauts plateaux du Lot, doit affronter l’hostilité du maire, du curé et des habitants qui ont besoin de leurs enfants dans les fermes. "Il y avait peu de voitures, encore, seulement des charrettes." C’est en prenant son second poste qu’elle rencontre Pierre, l’instituteur avec qui elle partage la classe. Entre ces deux enseignants issus de milieux différents mais qui ne vivent que pour leur métier, c’est le coup de foudre que seule assombrira la guerre d’Algérie. Au fil des ans (plus de 50 ans), au gré des réformes scolaires, ils poursuivront leur carrière avec la même passion, jusqu’à ce qu’une décision ministérielle les transforme en « professeurs des écoles ».

    L’école d’antan, son odeur de craie et d’encre violette, ses instituteurs héritiers des hussards de la Troisième République, respectés de tous, exemplaires et dévoués, c’est ce que Christian Signol évoque avec beaucoup d’émotion et de vérité dans ce roman, témoin d’un demi-siècle d’une société française dont l’école symbolisait la réussite et l’espoir en l’avenir.

    Ce que j'ai aimé avant tout, ce sont les convictions de ces deux instituteurs et leur amour inconditionnel pour leur métier. "Je m'étais promis de veiller à ce que chacun de mes élèves eût sa chance, d'éveiller en eux le désir et le rêve d'une vie meilleure, différente, plus belle et plus grande. Je m'étais juré de leur inculquer la certitude que rien ne leur était interdit, que tout était possible pourvu qu'on le voulût vraiment."

    Ce fut aussi plaisant de ressentir dans ce roman la place que pouvait prendre certains élèves dans nos vies, dans nos têtes. Lorsque l'on est enseignant, on ne peut pas rentrer chez soi et laisser "nos soucis" à l'école. Certains élèves nous préoccupent plus que d'autres pour des raisons diverses et variées. On se rend compte que les préoccupations des enseignants malgré le temps qui passe restent les mêmes. "Voilà pourquoi ce métier est si beau, et pourquoi il peut être si passionnant : éveiller des enfants au monde et au savoir, leur donner les forces nécessaires pour devenir ce qu'ils rêvent d'être. Se trouver à la source de cet éveil, les accompagner quelques années en veillant fidèlement sur eux, les voir partir enfin, pour accomplir leur vie, mais plus forts, plus sûrs d'eux, plus confiants et, si possible, épanouis". Des visites souvenirs d'anciens élèves, témoins d'un travail passionné, sont même relatées.

    J'ai également grandement apprécié découvrir les évolutions de notre métier : de l'école Normale à l'ESPE, de la craie au Velléda, de l'encre au stylo Bic, des classes filles/garçons à la mixité, du certificat d'étude au baccalauréat, des classes uniques aux classes cycles, des copies aux photocopies, ... "L'école que nous avons connue va disparaître. Mais il ne faut pas se montrer rétrograde : il faut toujours espérer le meilleur." Tant de changements ont bouleversé le XXème siècle faisant évoluer notre métier. En bien ? En mal ? Telle est et restera la question.

        


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  • Cet été, j'ai fait une belle découverte : Le bon choix pour vos enfants, de la collection Mangez ceci, du collectif lanutrition.fr

    Nous savons tous qu'il est préférable de cuisiner nous-même chaque repas. Mais nous savons aussi qu'une journée ne fait que 24 heures. Qui n' a pas déjà acheté de la compote, de la confiture, des tartines de pain, des céréales, ... etc. ?

    Je lis parfois la liste des ingrédients mais je fais, enfin je faisais, confiance aussi à l'industrie agroalimentaire. Un exemple : pour ma fille, j'ai choisi d'acheter du chocolat en poudre spécial "à partir de 3 ans" avec "20% de céréales en plus" ... Et à ma grande surprise ce produit est encore plus sucré que la version adulte et par conséquent plus nocif pour les enfants ! Vexée d'avoir été victime d'un beau packaging, je me suis mise à la recherche d'informations et je suis tombée sur ce livre. Un livre que je recommande fortement !!! Rayon après rayon, le collectif de lanutrition.fr a analysé, noté et commenté près de 800 produits que l'on peut trouver dans nos supermarchés. Du lait infantile aux compotes, des céréales aux boissons, des friandises aux conserves, ... ce livre vous conseille et vous aide à acheter sans culpabiliser de manière à offrir à nos enfants une alimentation plus saine. Les produits sont classés du recommandé au déconseillé, avec tout un tas d'informations nutritionnelles pour les comparer.

    De plus, l'introduction de ce livre nous donne les clés pour mieux comprendre l'étiquetage des produits : noms et surnoms des colorants, produits labellisés, liste des ingrédients, ...

    Bref, c'est la Bible de l'alimentation à lire et à relire !


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  • Après être tombée 3 fois dessus en quelques jours, j'ai fini par acheter Les pervers narcissiques de Jean-Charles BOUCHOUX. Je recommande vivement ce livre ! Je l'ai lu très rapidement. Il fut pour moi à la fois intéressant mais aussi angoissant car malheureusement certains extraits furent quasi autobiographiques. Sans honte ni tabou, je suis tombée en dépression l'an dernier. Ma thérapie m'a beaucoup aidée mais ce livre... fut une révélation.

    Les pervers narcissiques, qui sont-ils ? Comment fonctionnent-ils ? Comment leur échapper ?

    En somme, voici ce que j'en retiens. Le pervers narcissique accuse sa victime et la rend responsable de ce qui lui arrive. Après s'être débarrassé de ses pulsions, il projette ce qui devrait être sa culpabilité dans sa victime, conserve et donne l'illusion d'être quelqu'un de bien, voire d'être la victime. Il communique de façon paradoxale ce qui va lui permettre d'assujettir sa victime. En perdant son souffre-douleur dans un dédale d'informations contradictoires, il l'empêchera de prendre de la distance, de penser et de réagir sainement. Il éprouve du plaisir à la manipulation. Le pervers ne détourne pas seulement la parole mais aussi les circonstances. Il joue avec les éléments extérieurs pour manipuler son entourage. Pour justifier ses passages à l'acte et des dévalorisations, il peut prescrire ou utiliser un contexte pour se donner un air de respectabilité, se positionner en victime ou en donneur de leçon, c'est-à-dire qu'il va créer les circonstances qu'il reprochera ensuite à sa victime. Le pervers narcissique, souvent à l'instar de sa victime, souffre d'une faille narcissique, c'est-à-dire d'un manque de confiance en lui et en son image. Il ne se sent pas aimable, il n'a pu trouver de reflet suffisamment bon dans son enfance pour se rassurer et se construire. Pour compenser, il développe une image démesurée de lui-même. Ainsi cohabitent en lui, paradoxalement, une faible estime de soi liée à un chaos intérieur et une haute idée de son image qu'il lui conviendra de maintenir à tout prix, en surjouant son personnage ou en dévalorisant les autres. Il est important de noter que, tant que la victime se justifie, elle laisse à l'abri l'agresseur qui n'est alors jamais mis en danger, faisant ainsi le jeu de l'offenseur.

    Nous sommes tous sujets à des défaillances narcissiques à certains moments clefs de notre vie. Une personne qui vient de trouver un nouvel emploi aura par exemple un fort besoin de reconnaissance. Elle est dans une situation d'incertitude et elle a besoin de faire preuve de ses qualités : elle constitue à ce moment la cible idéale pour un pervers narcissique, qui le couvrira d'éloges avant de la rabaisser. Mais sa faille est ici conjoncturelle. Il existe aussi des failles narcissiques qui sont plus structurelles, qui nous viennent de notre enfance et font suite à une maltraitance ou "non-bien-traitance". Le pervers repère tout de suite ces failles. Il fait souvent précéder une phase de dévalorisation de l'image de son partenaire d'une phase de séduction. Ainsi, la victime ayant abaissé ses défenses, est tout entière au discours de son bourreau. Par ses actes, il sème une confusion telle que sa victime, bien souvent, ne peut plus agir intelligemment. En fonction du degré entre le pervers et sa victime, cela ira (pour la victime) de la dépression à la tentative de suicide, de la violence à la perversion, de la confusion à de la dépersonnalisation, voire la folie.

    Tout cela est illustré en aparté par des exemples concrets de personnes rencontrées par le psychanalyste et psychothérapeute Jean-Charles BOUCHOUX.

    A mon avis, il n'est pas nécessaire d'attendre une mauvaise rencontre pour lire ce genre de livres ; autant apprendre à reconnaître un pervers narcissique afin de lui échapper au plus vite ! Sinon, comme dans mon cas, cela permet une prise de recul et l'obtention de quelques clés pour se défendre.

    Bonne lecture !


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