• La relation pédagogique : place de l'AVS

    Jean HOUSSAYE définit tout acte pédagogique comme l’espace entre trois sommets d’un triangle : l’enseignant, l’élève et le savoir. Les côtés du triangle sont les relations nécessaires à cet acte pédagogique : la relation didactique est le rapport qu’entretient l’enseignant avec le savoir et qui lui permet d’ENSEIGNER, la relation pédagogique est le rapport qu’entretient l’enseignant avec l’élève et qui permet le processus FORMER, enfin la relation d’apprentissage est le rapport que l’élève va construire avec le savoir dans sa démarche pour APPRENDRE. (Le triangle pédagogique, les différentes facettes de la pédagogie, 2014, ESF, Pédagogies)

    La relation pédagogique

    La principale critique faite à ce modèle porte sur la non-contextualisation de l’acte pédagogique dans une époque, une culture. En effet, cet acte pédagogique se passe à un instant T, dans un environnement humain et social qui explicite le processus EDUQUER, que l’on retrouve d’ailleurs dans le slogan « Education et Formation tout au long de la vie » de la Commission Européenne.

    Arrêtons-nous sur le dernier pan de ce triangle pédagogique : la relation pédagogique qui est en résumé le rapport qu'entretient l'enseignant avec l'élève. Mais qu'en est-il de cette relation lorsqu'une tierce personne intervient ?  

    Il est primordial avant toute chose de connaître les principes de la loi du 11 février 2005 sur l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Son objectif premier est d’aller vers une école toujours plus inclusive sachant s’adapter aux besoins spécifiques. Les différents dispositifs de scolarisation, les parcours de formation individualisés et les aménagements personnalisés en fonction des besoins des élèves sont autant de mesures participant à l’inclusion scolaire.

    Tout enfant ou adolescent soumis à l'obligation scolaire et présentant un handicap ou un trouble invalidant de la santé est inscrit dans l'école ou l'établissement d'enseignement le plus proche de son domicile, en milieu scolaire ordinaire. Cet établissement constitue l'établissement de référence. Pour assurer à chaque élève, en fonction de sa situation, un parcours de formation adapté, il est prévu une évaluation de ses compétences, de ses besoins et des mesures à mettre en œuvre, selon une périodicité adaptée à la situation. Cette évaluation est réalisée par une équipe pluridisciplinaire. Les parents ou le représentant légal sont invités à s'exprimer. En fonction des résultats, un parcours de formation est proposé à l'élève.

    Les besoins peuvent être divers et variés : stimuler les activités sensorielles, motrices et intellectuelles du jeune en fonction de son handicap, de ses possibilités et de ses compétences ; utiliser des supports adaptés et conçus par des professionnels pour l’accès aux apprentissages comme pour la structuration dans l’espace et dans le temps ; rappeler les règles d’activités dans les lieux de vie considérés ; soutenir le jeune dans la compréhension et dans l’application des consignes pour favoriser la réalisation de l’activité conduite par le professionnel ; participer à la mise en œuvre de l’accueil en favorisant la mise en confiance du jeune et de l’environnement ; sensibiliser l’environnement du jeune au handicap et de prévenir les situations de crise, d’isolement ou de conflit ; etc.

    Un enseignant exerce les fonctions de référent auprès de chacun des élèves concernés par une situation de handicap d’un même département afin d’assurer la permanence des relations avec l’élève et ses parents. L’enseignant référent est saisi par le chef d’établissement afin qu’il rentre en contact avec les parents et les accompagne dans la saisine de la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH), instance de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH).

    Pour être validé, le PPS est transmis à la CDAPH qui se prononce par la suite sur l'orientation à prendre pour assurer l'insertion scolaire de l'élève handicapé par rapport au PPS et par rapport à différentes observations.

    PPS validé, qu’en est-il de sa mise en œuvre ? Quelles relations entre l’enseignant de la classe et l’enseignant référent ?

    Les principales missions de l’enseignant référent sont de réunir l’équipe de suivi de scolarisation pour chacun des élèves dont il est référent et favoriser la continuité et la cohérence de la mise en œuvre du PPS. Pour chaque élève handicapé dont il assure le suivi, l’enseignant référent tient à la disposition de l’Inspecteur de l’Education Nationale (IEN) qui a autorité sur l’école fréquentée par l’élève handicapé, ou du chef d’établissement, les informations relatives à la mise en œuvre du PPS, les relevés d’informations relatifs aux compétences et aux besoins de l’élève ainsi que les propositions de modifications ou de réorientation que l’équipe de suivi de la scolarisation peut être amenée à faire. L’enseignant référent informe la cellule de veille de toute difficulté importante et collabore avec elle autant que de besoin. Il fait part, le cas échéant, à l’IEN ou au chef d’établissement, des difficultés qu’il constate ou qui lui sont signalées. Il se place constamment en position d’aide et de conseil, sans positionnement hiérarchique, vis-à-vis des directeurs d’écoles, de l’équipe de direction des établissements publics locaux d’enseignement, des établissements privés sous contrat ou des établissements de santé ou médico-sociaux, des enseignants -spécialisés ou non- qui ont en charge l’élève handicapé, en vue de leur apporter toute précision utile à sa scolarité, notamment en ce qui concerne son parcours et ses besoins scolaires, tels qu’ils ont été définis par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH. L’enseignant référent est donc là pour assurer un lien permanent avec l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH. Il est le correspondant privilégié de cette équipe. Il est nécessaire de le rencontrer avant même l’équipe de suivi de scolarisation.

    Et quelles relations entre l’enseignant de la classe et l’AVS ? (Bulletin Officiel n°32 du 7 septembre 2006)

    La mission des AVS est bien distincte de la mission d’enseignement et ne peut s’y substituer. « L'AVS est une béquille, ce n’est pas une prothèse ! » (Céline Autric, 2014). L'accompagnement par un AVS s'articule autour du PPS et s'appuie sur quatre missions essentielles : optimiser l’autonomie de l’élève dans les apprentissages, faciliter sa participation aux activités collectives et aux relations interindividuelles, assurer son installation dans les conditions optimales de sécurité et de confort, coopérer au suivi des projets personnalisés de scolarisation. L’AVS est donc en lien avec l'équipe enseignante, la famille et l'élève.

    Le point primordial dans la relation avec l’enseignant est la discrétion de l’auxiliaire de vie scolaire. Il est présent pour apporter une aide tant à l’enfant qu’à l’enseignant mais ne peut remettre en question la pédagogie de l’enseignant. L’auxiliaire doit alors avoir une qualité importante : l’adaptation (à l’élève, à l’enseignant, à l’école, aux parents).

    La présence d’un(e) AVS peut parfois susciter des attentes qui ne sont pas les bonnes : être un adjoint d’enseignement ou un personnel de service.

    L’enseignant et l’auxiliaire de vie scolaire vont travailler ensemble, il est donc préférable que la relation se passe le mieux possible (entre enseignant et AVS, entre AVS et enfant, entre enseignant et enfant). Chacun doit alors trouver sa place et son rôle. La présence d’un auxiliaire de vie scolaire auprès de l’élève doit être pensée comme un moyen d’optimiser la situation d’apprentissage. Tout se fait par le dialogue.

    L’enseignant prépare les contenus d’apprentissage adaptés aux besoins de l’enfant. Il présente au jour le jour ou à la semaine (à l’oral ou par écrit) le travail et les modalités à l’AVS. Le PPS détermine alors les modalités de déroulement de la scolarité et les actions pédagogiques, psychologiques, éducatives, sociales, médicales et paramédicales répondant aux besoins des élèves handicapés. Il constitue un élément du plan de compensation du handicap et assure la cohérence et la continuité du parcours scolaire.

    Les consignes données collectivement par l'enseignant doivent être entendues par tous. Une reformulation peut être proposée par l'AVS à l'enfant concerné si nécessaire. Pour organiser le partage des tâches et de l'espace, il est nécessaire de prévoir des temps de concertation en amont. Pour cela, il est intéressant de mettre en place un cahier de liaison dans lequel les activités du jour sont décrites, associées aux comportements que l’auxiliaire de vie scolaire doit adopter. Grâce à ce cahier, le rôle de chacun est défini. Une partie « Commentaires » permet par ailleurs aux deux parties de connaître les ressentis face à telle ou telle activité notamment lorsque le temps manque pour un échange oral. Ces observations permettent de réguler le travail de chacun et de faire le point sur les divers objectifs atteints et à atteindre par l'enfant.

    Si l’on établit, et qu’ainsi on structure la relation, l'acte pédagogique en lui-même ne peut être que plus favorable à l’enfant à besoin éducatif particulier. La mise en place d’outils de communication renforce le sentiment d'unité entre les partenaires éducatifs, repère important pour l'élève.

    Une collaboration opérante permet de prendre réellement en considération le rythme de développement de l’enfant et non pas le rythme des programmes scolaires ; l’objectif visé à terme étant l’autonomie de l'enfant. 


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